L’assurance voyage à l’heure de la COVID-19


L’assurance voyage à l’heure de la COVID-19
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Emboîtant le pas à Manuvie et plusieurs fournisseurs d'assurance voyage, Croix Bleue considère désormais la COVID-19 comme une « situation connue ». Donc, à compter d’aujourd’hui (12 mars), la COVID-19 n’est plus un risque assurable pour les clients qui souscrivent son assurance annulation avec leur assurance voyage.

Croix Bleue précise que cette information s'applique seulement aux contrats d'assurance voyage individuelle et ne concerne pas l'assurance voyage incluse dans un régime d'assurance collective.

En ce qui concerne les contrats souscrits avant le 12 mars, ils continuent de couvrir les annulations liées à la pandémie de COVID-19 pour les destinations qui n'étaient pas déjà exclues, puisqu'il s'agissait d'un risque inconnu au moment de l'achat.

Pour l'assurance voyage annuelle incluant l'annulation de voyage : seuls les voyages achetés et payés le 11 mars 2020 ou avant seront couverts.

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L’assurance voyage demeure essentielle

Malgré cette annonce, Croix Bleue affirme que, plus que jamais, les clients devraient souscrire une assurance voyage – et bien lire leur contrat puisque l'assurance ne couvre pas les situations ou les conditions connues.

« Bien que la COVID 19 soit une « situation connue », l'achat d'une assurance voyage qui couvre les soins médicaux d'urgence ainsi que l'annulation ou l'interruption de voyage est essentielle pour se protéger contre les autres situations », insiste Croix Bleue.

Cette affirmation n’empêchera pas plusieurs personnes de se questionner sur l’assurance voyage à l’heure de la COVID-19 : cela vaut-il toujours le coup de souscrire une telle assurance ? À cette question, les fournisseurs d'assurance voyage répondent catégoriquement oui.

Il y a quelques jours, l’Association canadienne de l’assurance voyage – mieux connue sous son sigle anglais de THIA – publiait une foire aux questions sur les voyages à l’heure de la COVID-19. La FAQ s’adresse aux consommateurs, mais bien des pros y trouveront aussi leur compte !

PAX a relevé quelques éléments dignes d’intérêt pour ses lecteurs.

Une assurance voyage me couvrira-t-elle si je suis affecté par la COVID-19 ?

En réponse à cette question, la THIA rappelle d’abord qu’il faut distinguer l’assurance médicale et l’assurance annulation / interruption de voyage. La première fournira aux voyageurs une couverture s’il se blesse ou tombe malade en voyage. Les avantages incluront le paiement des frais médicaux associés à l'urgence ainsi que la surveillance de son état.

Pour sa part, l’assurance annulation / interruption de voyage assurera la protection de l'investissement fait pour le voyage. Elle comprendra une protection si le voyageur doit annuler son voyage avant le départ, en raison d'un risque couvert. Il pourrait s’agir d’une maladie, d’une blessure ou d’un certain nombre d’autres raisons l’empêchant de voyager.

Le voyageur pourra aussi se prévaloir de son l’assurance annulation si destination fait l'objet d'un avertissement officiel du gouvernement du Canada stipulant qu’il faut y « éviter tous les voyages » ou « éviter les voyages non essentiels ». L'avis doit être en vigueur à la date prévue du voyage pour qu’une réclamation soit possible.

« Il est important de noter que de nombreux prestataires de services de voyage – y compris les compagnies aériennes – feront généralement des exceptions aux règles d'annulation lors d'une épidémie comme celle que nous connaissons avec COVID-19 », mentionne la THIA.

L'assurance annulation / interruption de voyage comprend également une couverture au cas où le voyage devrait être interrompu après le départ. Il pourrait s’agir de la mort d'un membre de la famille ou d’un événement comme… une mise en quarantaine. Le régime d'assurance voyage pourrait couvrir des coûts qui s’ajouteraient après que le voyageur ait été libéré de la quarantaine, comme ceux associés à un vol manqué.

Si on me refuse d'embarquer sur mon vol en raison d'une «fièvre» détectée à l'aéroport, pourrai-je faire une réclamation sur ma police d’assurance annulation / interruption de voyage ?

En réponse à cette question, la THIA rappelle d’abord que les polices diffèrent les unes des autres.

« La règle générale est que si vous êtes empêché de partir en voyage en raison d'un problème de santé, votre assurance voyage annulation / interruption de voyage couvrira les frais non remboursables associés à l'annulation. »

Naturellement, cela implique que le voyageur ne soit pas déjà malade au moment où il souscrit à l’assurance (ni pendant la période de stabilité de la police).

Si je suis mis en quarantaine, l'assurance voyage sera-t-elle utile ?

À cette question, la THIA répond par l’affirmative. Elle mentionne d’abord que le fait d’être titulaire d’une assurance mettra à la disposition du voyageur une équipe de personnes capables de relayer ses messages aux membres de sa famille. L’assurance voyage pourra aussi l’aider au terme de la quarantaine s’il a manqué son vol et doit rentrer chez lui.

L’assurance annulation / interruption de voyage pourra aussi être utile au voyageur pour ce qui est des éléments non remboursables et inutilisés de son voyage en raison de sa quarantaine – si la quarantaine était répertoriée comme un risque couvert dans sa police.

« Comme pour toute police, il est important de lire la couverture et assurez-vous de bien comprendre la couverture que vous avez », indique la THIA à ce propos.

Si j’ai réservé un voyage dans un pays où le gouvernement canadien recommande d’« éviter tous les voyages » ou d’« éviter les voyages non essentiels », puis-je annuler ?

La réponse de la THIA est oui… Pourvu que l’avertissement officiel soit en vigueur à la date prévue du départ et pourvu aussi que le voyageur ait acheté son assurance annulation de voyage avant l'émission dudit avertissement officiel.

La THIA indique aussi que la police d'assurance voyage ne couvre que les frais non remboursables associés à l'annulation des plans de voyage.

« Il est également important de noter que les compagnies aériennes et autres fournisseurs de voyages prévoient des exclusions à leur couverture, alors que les cas de COVID-19 augmentent à l'échelle mondiale. »

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J'ai des projets de voyage imminents, serais-je mieux d’annuler ?

Prudemment, la THIA s’abstient bien de répondre directement à cette question. L’association avance simplement que tout voyageur devrait savoir qu'il existe des risques pour la santé lorsqu’on voyage. Par conséquent, il importe que le voyageur vérifie sa destination avant son départ pour connaître les risques.

La THIA rappelle que le gouvernement du Canada recommande aux voyageurs de surveiller leur état de santé durant le voyage ainsi qu’après leur retour.

« Si vous tombez malade en voyage, appelez un professionnel de la santé pour lui décrire vos symptômes. Si vous tombez malade à votre retour, appelez vos autorités de santé publique locales pour obtenir des instructions, et ce, avant de vous rendre à la clinique ou aux urgences. Cela permettra aux professionnels de la santé de préparer votre visite et de protéger les autres patients. »

 La THIA invite ceux qui souhaitent plus d'informations à consulter les conseils aux voyageurs du gouvernement du Canada sur la COVID-19.

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