Divergences d’opinions entre l’ACTA et l’AAVQ quant à la réouverture des agences


Divergences d’opinions entre l’ACTA et l’AAVQ quant à la réouverture des agences
Manon Martel (ACTA) et Éric Boissonneault (AAVQ).

Se disant à l’écoute de ses membres, la directrice régionale de l’ACTA au Québec, Manon Martel, entend poursuivre les démarches qu’elle a entamées auprès du bureau du premier ministre du Québec pour accélérer la réouverture des agences.

Se disant également à l’écoute de ses membres, le vice-président de l’AAVQ, Éric Boissonneault, croit pour sa part qu’une réouverture précipitée risque de nuire à plusieurs agences.

PAX s’est entretenu avec Mme Martel et M. Boissonneault.

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Pour la réouverture rapide des agences

Manon Martel ne souhaite pas commenter les résultats du sondage diffusé hier (9 juin) par l’AAVQ indiquant que 60 % des propriétaires ne sont pas pressés de rouvrir les agences. Elle mentionne toutefois que ces résultats ne correspondent pas à ce qu’elle entend au sein des troupes de l’ACTA.

« Les échos que nous avons de nos membres – parmi lesquels figurent les principaux regroupements – vont dans le sens contraire. Et puis, si les restaurants et les gyms peuvent rouvrir, pourquoi les agences qui le souhaitent ne le pourraient-elles pas ? », dit-elle.

Comme le lui ont demandé les principaux regroupements et plusieurs de ses membres, l’ACTA poursuit donc les démarches qu’elle a entamées auprès du bureau du premier ministre du Québec. Manon Martel s’attend d’ailleurs à ce que ces démarches portent fruit.

« Selon nos informations, le gouvernement travaille actuellement sur un décret pour permettre la réouverture des agences. On devrait en savoir plus dès cette semaine », dit-elle.

Manon Martel précise qu’elle ne s’attend aucunement à ce que cet éventuel décret oblige les agences à rouvrir. Selon elle, il ne devrait que le permettre à celles qui le souhaitent.

« À partir de là, les gens feront ce qu’ils veulent ! À eux de décider s’ils préfèrent rouvrir ou non », dit-elle, en soulignant qu’ACTA Canada exerce aussi des pressions pour permettre la réouverture des agences ailleurs au Canada.

Certes, Manon Martel convient que ce n’est pas « la folie furieuse » dans les agences de voyages actuellement.

« Mais il y a quand même plein d’agences de voyages qui souhaitent rouvrir, entre autres celles qui se sont donné la peine de monter des circuits au Québec et au Canada pour l’été, pendant que le tourisme international est sur pause. »

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Contre une réouverture rapide des agences

Pour sa part, l’AAVQ a clairement fait savoir hier qu’elle n’entend PAS faire pression auprès du gouvernement pour accélérer la réouverture physique des agences. L’Association s’est exprimée en même temps qu’elle diffusait les résultats de son sondage – auquel auraient répondu près de 150 propriétaires et directeurs d’agences.

En entrevue avec PAX, Éric Boissonneault, vice-président de l’AAVQ, se montre très préoccupé par la possibilité que l’éventuel décret du gouvernement du Québec ait pour effet de faire passer les agences de voyages de la catégorie actuelle des « centres administratifs » (interdits de réouverture en vertu des règles de confinement actuelles) à la catégorie de « commerces de détail » (dont la réouverture est permise).

« Si le décret avait pour effet de changer les agences de voyages de catégorie, ça pourrait être très problématique en regard de la PCU, qui est un programme crucial pour de nombreuses agences. Alors que le gouvernement du Canada envisage de prolonger ce programme, est-ce que les agences pourraient continuer d’en profiter si elles sont considérées comme des commerces de détail dont la réouverture est permise ? Rien n’est moins sûr ! »

Selon Éric Boissonneault, les propriétaires d’agences qui se paient en dividendes seraient particulièrement menacés s’ils perdaient la PCU, laquelle représente l’essentiel de leurs revenus actuellement.

Par ailleurs, le vice-président de l’AAVQ ajoute que le fait que les règles de confinement actuelles interdisant aux agences de voyages de rouvrir constitue un argument de poids pour les agences qui veulent négocier une entente avec le bailleur auprès de qui elles louent leurs espaces.

Cela dit, Éric Boissonneault convient que le problème serait moindre si l’éventuel décret permettait la réouverture des agences, tout en maintenant ces dernières dans la catégorie des centres administratifs

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Reste qu’il conçoit ma l’impatience de rouvrir physiquement les agences, avec tous les frais que cela peut entraîner pour respecter les normes de la CNESST, et ce, alors que la demande est presque nulle.

« À mon avis, les agences qui veulent ouvrir physiquement devraient entreprendre leurs propres démarches individuelles plutôt que de souhaiter un décret s’appliquant à toutes les agences. D’ailleurs, certaines agences ont déjà pu rouvrir... »

Mais sans que les ventes ne soient au rendez-vous, croit Éric Boissonneault.

« Ce n’est pas surprenant : si tout le monde dit depuis des mois qu’il ne faut pas manger de fraises, ce n’est pas en mettant tout d’un coup des fraises en vitrine que le monde va se précipiter pour en acheter », illustre-t-il, en conclusion.

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