Vendredi,  20 septembre 2019  2:51

Aqua Terra veut réduire l’empreinte écologique des voyages


Aqua Terra veut réduire l’empreinte écologique des voyages
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Bonne nouvelle pour la planète : Voyages Aqua Terra vient de lancer un outil en ligne évaluant l’empreinte écologique des voyages et permettant de compenser celle-ci par l’achat de crédits-carbone. Mieux encore : Aqua Terra rend cet outil disponible à l’ensemble des agences du Québec.

En entrevue avec PAX, le propriétaire de l’agence Richard Kelly, nous parle d’un « petit geste pour l’environnement » qui, espère-t-il, provoquera un effet d’entraînement.

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Petits gestes, grands impacts

Ce n’est pas d’hier que Richard Kelly se préoccupe de l’environnement.

« Ça fait des années, chez Voyages Aqua Terra, qu’on plante un arbre pour chaque réservation, en collaboration avec NatureLab.world. Récemment, avec nos employés, nous avons ainsi planté plusieurs centaines d’arbres sur le terre-plein de l’autoroute 50, entre l’A-15 et l’aéroport. Depuis cinq ans, nous parrainons aussi 1250 pommiers sur les terres de l’abbaye d’Oka, également avec NatureLab. Toutes les pommes récoltées sont remises aux Clubs des petits déjeuners. »

Néanmoins, jugeant qu’il y a « urgence planétaire », la proprio d’Aqua Terra voulait aller plus loin; en faire plus. Parallèlement, de plus en plus de clients de l’agence – notamment les responsables de voyages scolaires – exprimaient le souhait de pouvoir compenser l’empreinte écologique de leurs voyages eux-mêmes, par voie électronique (comme le proposent divers transporteurs aériens, par exemple).

« Le président de Progratech, Nicholas-Yannick Masson, nous a alors proposé de développer, pour notre site web, un plugiciel (plugin) pouvant permettre à nos clients de calculer les émissions de CO2 liées à leurs voyages puis de les compenser par l’achat de crédits-carbone. »

Rappelons que sur le marché du carbone, un crédit-carbone équivaut à une tonne gaz à effet de serre (GES) comme le CO₂ ou le méthane. Les montants investis – sur une base volontaire – dans l’achat de crédits-carbone sont dédiés à des initiatives environnementales, comme la reforestation.

Faire boule de neige

Voyages Aqua Terra se veut la première agence québécoise à offrir son propre calculateur de de compensation CO₂. Mais loin de Richard Kelly l’idée de restreindre la portée de cette initiative à sa seule agence.

« Bien au contraire : nous souhaitons inciter le plus d’agences possible à mettre l’épaule à la roue. C’est pourquoi nous avons décidé de rendre disponible à tous le plugiciel que Progratech a développé pour nous. »

Le plugiciel lui-même est offert gratuitement. Son intégration par Progratech sur le site des agences intéressées ne coûte que quelques dizaines de dollars – « un coût minime », observe Richard Kelly. Le plugiciel calcule les émissions de GES pour le transport aérien, pour les déplacements terrestres et pour les croisières. Les clients peuvent choisir de compenser tout ou seulement une partie, à leur guise, s’ils jugent le montant global trop élevé.

« Les crédits-carbone de NatureLab sont certifiés Gold Standard, l’autorité la plus fiable en la matière », tient à préciser Richard Kelly.

Éventuellement, l’outil pourrait même permettre aux clients de compenser, s’ils le souhaitent, des émissions de GES qui n’ont rien à voir avec leurs voyages, mais plutôt avec leurs autres activités personnelles et professionnelles.

Pour la bonne cause

« Nous voulons aller au-delà du monde du voyage », explique Richard Kelly, qui souligne agir « pour la bonne cause », sans aucun calcul marketing.

Le propriétaire de Voyages Aqua Terra espère qu’avec le concours des autres agences québécoises, son initiative permette l’achat annuel de 100 000 crédits-carbone pour compenser l’empreinte écologique des voyages.

L’objectif est ambitieux, mais pas foncièrement irréaliste si on en juge par le bon accueil que reçoit la démarche. En effet, celle-ci est largement applaudie non seulement par les agents et clients d’Aqua Terra, mais aussi par son réseau (Voyages en direct) et par plusieurs autres membres de l’industrie.

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